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Les ONG à L’UNESCO

Déclaration Programmatique Générale

Situation début 2010, après la Conférence Internationale des ONG de décembre 2009

Le Comité de Liaison : Une nouvelle équipe avec trois mots d’ordre :

« Continuité ; renouvellement ; engagement renforcé »

1. Continuité

1.1. Continuité d’abord dans l’esprit de partenariat constructif avec l’UNESCO.

Les ONG en relations officielles avec l’UNESCO constituent un ensemble de 330 organisations internationales, certaines étant d’ailleurs des organisations faîtières qui en représentent plusieurs dizaines d’autres. Elles sont réparties dans le monde entier et rassemblent des dizaines de millions de personnes, pour la plupart militants actifs et bénévoles. Engagées dans tous les domaines, elles constituent le tissu profond de la société civile, et leurs compétences couvrent tous les champs d’intervention de l’UNESCO.

Pour passer du quantitatif au qualitatif, il est probable que le modèle original de relations ONG-UNESCO peut être encore mieux exploité, notamment par une participation systématique des représentants des secteurs à nos commissions programmatiques « mixtes ». Les « points focaux » représentant les secteurs répondent toujours présent lorsque nous les invitons, mais nous allons encore les solliciter davantage. Nous poursuivrons l’excellente pratique d’une réunion de travail annuelle entre les points focaux et les responsables de CPM.

1.2. Continuité aussi dans la poursuite d’un dialogue direct et constructif avec les Etats membres, et au premier chef les 23 membres du Comité sur les ONG du Conseil Exécutif. Monsieur le ministre égyptien Hany HELAL, et son chargé d’affaire Monsieur El ZAHABY nous ont fait l’honneur de participer aux travaux de notre Conférence Internationale. Désormais présidente de ce Comité sur les ONG du Conseil Exécutif, l’Egypte veut clairement s’inscrire dans la ligne d’ouverture et de renforcement de la coopération Etats - Société Civile amorcée par Monsieur l’Ambassadeur LAKATOS.

1.3. Continuité encore dans un partenariat actif avec les Commissions Nationales, qui sont de leur côté un ensemble de partenaires originaux et efficaces de l’UNESCO. Nous nous adresserons bien sûr d’abord à la plus proche de nous, la Commission Nationale Française, qui a bien voulu siéger avec nous dans la session finale de notre Conférence Internationale, et qui peut compter sur notre volonté de partenariat.

1.4. Continuité enfin et surtout dans la fidélité à notre programme de travail, précisé par la Résolution que nous venons d’adopter, mais engagé déjà sur de nombreux thèmes essentiels par nos Commissions Programmatiques Mixtes et Groupes de Travail : Droits de l’Homme, Dialogue entre les Cultures, Pauvreté et Extrême Pauvreté, Science et Ethique, Jeunesse ; Education au Développement Durable ; Communication, Education pour Tous, Microfinance, Culture de la Paix. Ces mécanismes de travail ont leur programmation régulière d’une année sur l’autre, et fonctionnent souvent comme de véritables « think tanks » ; ils sont les organes de coopération intellectuelle dont l’UNESCO a besoin.

1.5. Continuité en termes d’action de terrain. Cette Conférence nous a rappelé aussi, dans la Table Ronde sur le volontariat comme dans de nombreuses interventions de participants, que la contribution des ONG n’est pas seulement de l’ordre de la pensée, mais aussi de l’ordre de l’action de terrain la plus concrète, la plus déterminée, et parfois la plus dangereuse. En fait l’action des ONG, acteurs majeurs de la Société Civile, couvre le spectre le plus large, de l’action de terrain la plus directe et la plus engagée (domaines de l’eau, de l’environnement, de la lutte contre la Faim, du combat pour la Paix etc.) à la contribution la plus purement intellectuelle. Souvenons nous toujours que nous devons savoir ensemble tenir les deux bouts de la chaîne : du « grassroots au think tank ».

2. Renouvellement.

Il concernera à la fois le contenu, la méthode et l’organisation.

2.1. En terme de contenu, la grande leçon de la Conférence Internationale est d’avoir définitivement inscrit l’éthique au cÅ“ur de notre réflexion. Nous avions dit en septembre 2008 lors de la Conférence DPI/NGO pour le 60e anniversaire de la DUDH, que les Droits de l’Homme constituaient l’horizon permanent de notre action. On peut ajouter aujourd’hui qu’il en est de même pour l’Ethique, qui est le corollaire de cette déclaration. Nous l’avions déjà inscrite de manière centrale dans notre approche de la science, avec les riches travaux de notre CPM « Science et Ethique ».

Au-delà de la Science, et à l’occasion de la crise, il apparaît bien que l’Ethique devient une dimension incontournable dans la gestion et le traitement des grands problèmes du monde. Nous allons devoir en tenir compte en traitant aussi de l’Ethique dans l’Education, l’Ethique dans la Communication, l’Ethique dans la Culture ; nous allons devoir réfléchir à la manière d’orienter nos propres travaux dans les nouvelles perspectives ouvertes par la crise.

2.2. Renouvellement en termes de méthode. Il faudra opérer en particulier un rapprochement avec les autres grandes organisations intergouvernementales (ONU, Conseil de l’Europe etc) qui entretiennent des relations de partenariat avec les ONG. Nous aurions certainement beaucoup à apprendre de tels rapprochements, et plusieurs de nos membres, qui ont déjà de tels liens, pourront nous renseigner utilement. En termes de méthode également, nous pensons aussi qu’il faut que la Conférence Internationale des ONG, comme collectivité constituée, se dote d’une existence et d’une visibilité nouvelle par des actions qui puissent être médiatisées à l’extérieur, dans sa relation de partenariat avec l’UNESCO. Il a été suggéré que les ONG créent et lancent leur propre Prix de l’Ethique. Je pense personnellement que nous pourrions renforcer notre contribution intellectuelle de haut niveau par l’organisation de grandes conférences (« lectures ») ONG/UNESCO. La question mérite d’être mise à l’étude.

2.3. Renouvellement en termes d’organisation. Par un meilleur usage du « mapping » des ONG et autres partenaires de l’UNESCO. Par une répartition précise des tâches au sein du nouveau Comité de Liaison : Président / Vice-président / Secrétaire Général / Trésorier Conseillers : Education / Sciences / SHS / Culture / Communication Responsable site Web, avec équipe éditoriale. Par la mise en Å“uvre de la politique de décentralisation prévue par la réforme en cours des Nations Unies et dont nous avions déjà parlé lors du Comité sur les ONG du Conseil Exécutif d’octobre 2008 à partir d’un récent rapport du DG, et du Rapport Cardoso de 2004. Celui-ci faisait des propositions au Secrétaire Général des Nations Unies pour mieux associer la société civile aux travaux de l’Organisation dans le cadre de sa réforme, et en réponse à la mondialisation. Nous avions apprécié qu’il souligne la nécessité d’associer les organisations de la société civile à la planification stratégique, et pas seulement à l’exécution.

Cependant, comme le faisait remarquer le Directeur Général de l’UNESCO dans son rapport, ces recommandations sont encore peu suivies d’effet. Il disait notamment : « Un autre domaine où l’action concrète se fait attendre a trait à la participation de la société civile (…) Pour sa part, le Conseil Exécutif de l’UNESCO a renforcé le fonctionnement de son Comité sur les ONG, et un forum sur la société civile a été intégré aux travaux de la Conférence Générale. Il semble néanmoins que, dans le contexte de la réforme des Nations Unies, au niveau des pays en particulier, la société civile et les ONG sont de fait tenues à distance, ante portas. Il faut remédier à cette situation, ne serait-ce que par souci de la crédibilité du système des Nations Unies ».

Pour remédier à cela, nous renouvelons notre vÅ“u, formulé en 2008, pour demander que le principe énoncé sous le titre prometteur de « Delivery as One » (= Unis dans l’action) ne s’applique pas seulement aux organes et agences des Nations Unies, mais qu’il englobe aussi une participation effective des ONG et de la société civile dans les exercices de « programmation conjointe » dans les pays pilotes. Certes nous sommes par définition des ONG internationales, mais nous avons tous des membres ou des partenaires directs au niveau national. Avec ces membres et partenaires, nous réaffirmons que nous, ONG internationales, sommes prêts à nous rallier à toute initiative pour renforcer la collaboration au niveau national : groupe de consultation, liaison avec le coordinateur national, création d’un fonds pour financer cette collaboration, création d’une banque de données pour faciliter les contacts avec les ONG au niveau local.

3. Engagement.

Enfin, le troisième mot d’ordre est celui d’engagement et de mobilisation.

Engagement pour les grandes causes qui sont les nôtres, au premier rang desquelles celle des Droits de l’Homme. Certains disent parfois que ce n’est pas l’affaire de l’UNESCO, et qu’il faut traiter cela à Genève, ou à New York. Bien au contraire, les DH sont au cÅ“ur de notre action, notre « grand chantier » numéro 1, et ils exigent une « mobilisation générale » comme le dit Robert Badinter. Mobilisation de toutes les ONG, et pas seulement celles qui sont les spécialistes du sujet. Nous avons su le faire ici en novembre 2009 autour des Droits de l’Enfant, nous continuerons de le faire grâce à l’action déterminée de notre CPM Droits de l’Homme.

Après la Conférence Internationale qui nous a permis de réfléchir ensemble sur l’attitude à avoir face à la crise mondiale, nous saurons nous mobiliser dans l’action commune et la recherche de solutions, à notre niveau, mais avec tous nos moyens. Ceux-ci sont limités, mais croissants, car ils nous placent au cÅ“ur d’une expérience politique nouvelle, celle qui consiste à trouver à terme les voies nouvelles d’une gouvernance mondiale, à Å“uvrer en faveur d’une démocratie mondiale en cours de constitution. Les mots figuraient dans notre Résolution de 2007 et restent plus que jamais d’actualité aujourd’hui. Il s’agit d’ouvrir des « espaces de démocratie », pour préparer progressivement la mise en place de nouveaux modes de gouvernance et de nouveaux mécanismes démocratiques : assemblées, débats ouverts, coalitions, caucus, propagation d’idées force, popularisation de solutions individuelles à l’échelle planétaire etc.

Il y va bien entendu de notre capacité à nous organiser nous-mêmes, et à faire émerger une société civile efficace et résolue, véritablement représentative d’une forme d’intérêt général qui combine la satisfaction des besoins essentiels au niveau individuel et la conservation des ressources planétaires et biens collectifs, naturels et culturels, dans leur richesse et leur diversité. C’est un vaste programme, dont on ne voit pas pour l’instant le terme, mais c’est le seul porteur d’espoir.

Bernard LOING, Président du Comité de Liaison ONG-UNESCO

Documents joints

Comptes Rendus 2011

Comptes Rendus 2010

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